RAISON DU CLEUZIOU Yann

Maître de Conférence en science politique

Profil Professionnel


Maître de conférence en science politique à l’Université Montesquieu – Bordeaux IV. Rattaché au Centre Montesquieu de Recherches Politiques (CMRP) au sein de l’équipe d’accueil du Groupement de recherche comparative en droit constitutionnel, administratif, et politique (GRECCAP)

Enseignant chercheur, qualifié en 2009 par le CNU en science politique (04), en sociologie (19) et en histoire moderne et contemporaine (22).

Thèmes de spécialisation :

  • Sociologie des normes, des organisations et des institutions.
  • Ethnographie de la production pratique de la nature et des conflits d’usages.
  • Histoire et sociologie politique des évolutions du monde rural et des politiques publiques environnementales françaises et européennes.
  • Histoire et sociologie des relations entre religions et politique.
  • Sociologie des mobilisations et des conflits sociaux.
  • ONG confessionnelle et altermondialisme.
  • Sociologie des crises, du changement social et des conflits de générations.
  • Socialisation territoriale, institutionnelle ou générationnelle.

Diplômes universitaires


2002-2008 : - Doctorat es science politique de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
  • Thèse : « De la contemplation à la contestation, socio-histoire de la politisation des dominicains de la Province de France. Contribution à la sociologie de la subversion d’une institution religieuse (1950-1980) ». 2 tomes, 986p. - Jury composé de Michel Offerlé (directeur) Jean-Marie Donegani (rapporteur), Danièle Hervieu-Léger (présidente), Jacques Lagroye, Denis Pelletier (rapporteur), Bernard Pudal, Charles Suaud. - Mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité. - Thèse lauréate du prix Richelieu en sciences politiques de la Chancellerie des Universités de Paris en 2009.

2002-2003 : - Etudiant à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes en sociologie des religions.

2001-2002 : - DEA de Gouvernement option Institutions politiques, à l’Université Paris I. Mention Bien.

1998-2001 : - Diplômé de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Grenoble, section politique. Mention Assez Bien.

Expérience pédagogique


à Bordeaux IV :

cours en L1 : Histoire des idées politiques (20h).

cours en L2 : Science politique (20h).

cours en M1 : Analyse de l’action publique (20h) ; Administrations comparées en Europe (20h) ; Code islamique et politique (10h).

hors Bordeaux IV :

2009 - 2012 : Préparateur pour l’agrégation de sciences économiques et sociales au CNED. Cours sur les sociologies des croyances collectives.

2010 - 2011 : Chargé de cours à Sciences Po Paris en M1 et M2. Cours d’Introduction à la sociologie de l’environnement et à l’analyse des politiques publiques de protection de la nature.

Décembre 2009 : Chargé de cours à l’Université de Tamperé (Finlande), cours magistral de M1 : Histoire contemporaine de la France de 1940 à nos jours (20h).

Activités scientifiques


Membre de :
  • de l’Association française de science politique (AFSP).
  • l’Association française de sciences sociales des religions (AFSR).
  • du Groupe de recherche interdisciplinaire sur le politique (GRIP).
  • l’Association française d’histoire religieuse contemporaine (AFHRC).

2007 : Organisation avec Magali Della Sudda (ETT-CMH/EHESS), de l’atelier « Porter les Evangiles au monde : les logiques religieuses d’engagement politique des catholiques au XXe siècle » au IXe congrès de l’Association Française de Science Politique, Toulouse, 5-7 septembre 2007.

2003 : participation à l’élaboration et la réalisation de l’enquête du CRPS sur le militantisme altermondialiste au Contre G8 au mois de juin et au Forum Social Européen de novembre : élaboration et traitement du questionnaire de l’enquête quantitative, encadrement d’étudiants, entretiens, observations participantes. Participation au séminaire du Groupe de recherche sur les activistes altermondialistes (CRPS) et à l’élaboration de l’ouvrage collectif résultant de l’enquête.

Publications scientifiques


Articles parus dans des revues à comité de lecture

→ « De la résistance à la subversion : les chasseurs de la baie de Somme et le développement durable », Etudes rurales, n°181, janvier-juin 2008, pp. 133-148.

Une analyse des conditions de possibilité sociales de la réception et de l’appropriation, par les chasseurs locaux, des directives européennes (Oiseaux et Habitat) et des politiques publiques d’aménagement de la baie de Somme.

→ « La nature embrigadée : conflit en baie de Somme », Ethnologie Française, n°113, 2007-1, pp. 153-162.

A partir d’observations ethnographiques, cet article montre comment les mobilisations de CPNT en baie de Somme dépendent des d’expériences faites par les chasseurs de l’altération de leur environnement ordinaire par les politiques de développement touristique et de patrimonialisation de l’espace.

→ "Le Secours catholique et les forums sociaux : une politisation incrémentale (2003-2010), Critique internationale, Janvier-Mars 2011, n°50, pp. 73-89.

De 2003 à 2010, l’engagement du Secours Catholique aux forums sociaux altermondialistes peut être qualifié d’incrémental dans la mesure ou il est étroitement encadré afin de maintenir le statu quo entre les partisans de cet engagement et ceux qui s’y opposent. Toutefois, malgré l’imposition de normes de participation très restrictives, l’expérience des forums permet à certains militants de légitimer des pratiques innovantes au sein du Secours catholique, tout spécialement l’action collective et politique avec les personnes en difficultés. A travers cet exemple, cet article envisage la manière dont les militants d’une organisation peuvent œuvrer à « la base » pour transformer la définition des pratiques légitimes au sein de leur institution et modifier l’identité de l’institution elle-même.

Articles parus dans des ouvrages collectifs

→ « Le Secours Catholique et les forums sociaux : un engagement mesuré (2001-2009) », in Christophe Grannec (dir), Les chrétiens dans la mouvance altermondialiste, Paris, Karthala, 2011.

→ « Des fidélités paradoxales, recomposition des appartenances et militantisme institutionnel dans une institution en crise », in Jacques Lagroye et Michel Offerlé (dir.), Sociologie de l’institution, Paris, Belin, 2011, pp. 267-289.

A partir de l’étude de la crise de l’Ordre dominicain après Mai 68, cet article propose une réflexion sur les limites des catégories Exit, Voice, Loyalty, d’Albert O. Hirschman pour penser les stratégies de résistance au déclin d’une institution. Ces catégories manquent de souplesse car elles opposent les acteurs et l’institution, sans penser l’interaction entre les deux : les processus d’institutionnalisation. Par conséquent, elles estompent un aspect capital des conjonctures critiques : le flottement de la définition de l’institution et donc des critères de l’appartenance. A partir des cas de fidélités paradoxales, c’est-à-dire de revendication d’appartenance à l’institution malgré une rupture formelle, le répertoire d’action du militantisme institutionnel peut être repensé.

→ « La Province dominicaine de France et Mai 68 : genèse de la mise en crise d’un ordre religieux » in Jean-François Gallinier-Pallerola, Augustin Laffay, Bernard Minvielle (dir.), L’Eglise de France après Vatican II, actes du colloque des 16 et 17 octobre 2009, Paris, Parole et Silence, 2011, pp 277-310.

La thèse forte de cet article est de montrer que, en mai 1968, la contestation des religieux étudiants au couvent d’étude dominicain du Saulchoir ne suffit pas à faire événement ni à ébranler l’institution dominicaine, mais que ce sont les mobilisations des Supérieurs au nom de ce qui s’est passé en « Mai 68 » qui, en produisant l’événement, imposent les ruptures qui vont ouvrir la crise. Ce n’est qu’en descendant dans cette micro-histoire de ce qui se passe que l’on peut restituer les conditions dans lesquelles les faits sont devenus événements et donc comprendre comment ensuite des transformation des pratiques ont pu être légitimées au nom de ce qui s’était passé : le mois à majuscule : « Mai 68 ». Cette approche, qui s’inscrit dans la perspective d’analyse des processus d’événementialisation promue par Jean-Clément Martin, permet de redonner aux dominicains, à leurs choix, à leurs actions, tout le poids qu’ils ont eu dans le devenir de leur institution ; et cela sans pour autant ignorer les contextes plus généraux et les trames de plus long terme qui les orientent.

→ « L’invention de la chasse durable : genèse d’une appropriation subversive des normes de développement durable par les chasseurs de la baie de Somme », in Villalba Bruno (ed.), Appropriations du développement durable : émergences, diffusions, traductions, Lille, ed° Presses universitaires de Septentrion, 2009, pp. 341-362.

La baie de Somme est à la fois un territoire où le parti CPNT fait ses meilleurs scores en mobilisant un électorat de chasseur opposé aux directives européennes (Habitat et Oiseaux) et un territoire où les chasseurs sont très intégrés au pilotage des politiques publiques de développement durable de l’espace. Cet article montre que ce paradoxe n’est qu’apparent. Les chasseurs détournent et usent de ces politiques afin de conserver la domination des espaces naturels et de légitimer leurs usages.

→ « Le pouvoir religieux et l’Etat en France », in Lacroix Bernard, Riutort Philippe, Cohen Antonin, Nouveau manuel de science politique, Paris, La Découverte, 2009, pp 272-279.

Une introduction historique et sociologique aux transformations des relations entre religions et politique en France (XIXe-XXe).

→ « Chasser et devenir chasseur en politique : les sauvaginiers de la Somme et l’invention de Chasse Pêche Tradition (1936-1989) », in Antoine Annie, Mischi Julian, (dir.), Sociabilité et politique en milieu rural, Rennes, PUR, 2008, pp. 383-394.

Une restitution de la création du parti CPNT dans le temps long de l’histoire sociale de la baie de Somme, des mutations des sociabilités rurales et des mobilisations qui existent depuis les premières tentatives de régulation étatique de la chasse au gibier d’eau dans les années 1930.

→ « Le Secours catholique au Forum Social Européen : scrupules et stratégies d’une ONG confrontée au risque de politisation », in Duriez Bruno, Mabille François, Rousselet Kathy (dir.), Les ONG confessionnelles. Religions et action internationale, Paris, L’Harmattan-AFSR, 2007, pp. 201-216.

Une analyse de la manière dont les normes qui construisent socialement une ONG confessionnelle peuvent être à la fois une ressource et une contrainte pour les militants qui souhaitent user d’un nouveau registre d’identification et d’intervention comme l’altermondialisme.

→ « Le destin politique des bêtes. L’embrigadement des animaux dans des constructions sociales de la nature concurrentes », in Bessière Céline, Doidy Eric, Jacquet Olivier, Laferté Gilles, Mischi Julian, Renahy Nicolas, Sencebé Yannick (coord.), Les mondes ruraux à l’épreuve des sciences sociales, Paris, ed° Quae, 2007, pp. 387-389. Texte disponible sur : www.symposcience.org

Cet article propose de montrer comment certains cas de braconnage d’animaux protégés en France et en Suisse sont à interpréter comme des pratiques politiques. Ils objectivent l’effet performatif des politiques publiques de protection de la nature sur la construction sociale de la nature par ses usagers ordinaires. Dans les représentations sociales, les animaux agis par la politique incitent à une attitude politique vis-à-vis d’eux, et sont le vecteur de la politisation des pratiques ordinaires. In fine, à travers le rapport aux animaux, ce sont les enjeux de la concurrence pour la construction sociale de la nature qui apparaissent, c’est-à-dire l’imposition d’une norme des usages sociaux légitimes.

→ avec Florence Joshua (CEVIPOF), « Entre radicalité et apolitisme », in Sommier Isabelle, Agrikoliansky Eric (dir.), Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La dispute, 2005, pp. 239-262.

A partir d’une comparaison entre la LCR et le Secours catholique, cet article montre comment le registre politique fait l’objet d’investissements antagonistes au Forum social européen de 2003. Les définitions concurrentes de l’activité politique objectivent les usages pluriels de l’altermondialisme et les stratégies de positionnement des différents acteurs qui tentent à la fois de légitimer leur présence et d’orienter le mouvement.

Articles en cours de parution

→ « Le braconnage des animaux protégés, un acte politique ? Réflexions sur un effet pervers des politiques publiques environnementales », Le Gall Laurent, Offerlé Michel, Ploux François, (dir.), La politique informelle en France et en Europe (XIXe-XXIe), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010.

A partir d’une enquête sur le braconnage des loups dans les Alpes françaises, cet article propose de montrer comment les réactions des chasseurs à l’égard des animaux protégés peuvent être expliquées par la sociologie des institutions. Ces comportements objectivent l’effet performatif des politiques de protection de la nature sur la construction sociale de la nature et les résistances qu’elles peuvent susciter dans des interactions ordinaires avec des objets naturels. On propose d’interpréter le braconnage des animaux protégés comme une forme d’action politique informelle à la fois symbolique et pratique contre l’institutionnalisation de la définition sociale de la nature promue par la puissance publique.

Recensions critiques


→ Paul Havet, La chasse en quête de sens, 2 vol. Paris, L’harmattan, 2007, 159p. et 91p. Recension dans Histoire & Sociétés Rurales, 2008/2 (Volume 30).

→ Coll., Quels paysages avec quels paysans ? Les Vosges du Sud à 30 ans d’intervalle, Versailles, ed° Quae, 2008, 126p. Recension dans Histoire & Sociétés Rurales, à paraître.

→ Etienne Fouilloux, Les chrétiens français entre guerre d’Algérie et mai 1968, Paris, Parole et Silence, 2008, 360p., Recension dans Genèses, à paraître.

→ Matthieu Bréjon de Lavergnée, La Société de Saint-Vincent-de-Paul au XIXe siècle, un fleuron du catholicisme social, Paris, Cerf, 2008, 713p. Recension dans Genèses, à paraître.

→ Olivier Christin, Confesser sa foi, conflits confessionnels et identités religieuses dans l’Europe Moderne (XVIe-XVIIe), Seyssel, Champ Vallon, 2009, 214p. Recension dans Genèses, à paraître.

→ Florent Quellier et Georges Provost (dir.), Du ciel à la terre, clergé et agriculture, XVIe-XIXe siècle, Rennes, PUR, 2008, 365p. Recension dans Etudes rurales, à paraître.

Communications scientifiques


Communications dans des colloques internationaux

→ Discutant de l’après-midi « L’administration pontificale : le personnel et ses moyens d’action », colloque international : Le gouvernement pontifical sous Pie XI : pratiques romaines et gestion de l’universel, Ecole française de Rome, 5-6 mars 2010.

→ « Un conflit de fidélité : Conjoncture critique, recomposition des appartenances et lutte pour l’imposition de la norme de l’activité religieuse légitime dans l’Ordre dominicain en France après Mai 68 », communication au colloque international : La trahison au regard des sciences sociales, Université Nancy 2, Université Marc Bloch Strasbourg et Université Libre de Bruxelles, Nancy, 18 septembre 2009.

→ « Derrière le triton crêté, l’ ‘Etat écologiste’ : la politisation des rapports ordinaires à la nature des chasseurs en baie de Somme et en Savoie », colloque international : « Espaces de vie, espaces-enjeux : Entre investissements ordinaires et mobilisations politiques » CRAPE/Université Rennes II, 5-7 novembre 2008.

→ « L’Ordre dominicain après 68 : une désinstitution instituée », colloque international : « 68, et après ? », Université de Paris X, Università di Bologna / Institut des Sciences Sociales du Politique, Dipartimento di Discipline Storiche, Nanterre, 30 et 31 octobre 2008.

→ « De la résistance à la subversion : les chasseurs de la baie de Somme et le développement durable », Communication au colloque international : Instituer le développement durable, ACIIDD/CERAPS, Lille, 8-10 novembre 2007.

→ « De la contemplation à la contestation : socio-histoire de la politisation des dominicains de la Province de France (1954-1969) », communication au colloque international : Religions, mobilizations and political cultures, GSPM/Polislombardia - Osservatorio su società e politica in lombardia, Dipartimento di Sociologia e Ricerca Sociale, Università degli Studi di Milano-Bicocca, Milan, Italie, 26-27 janvier 2007.

→ « Le destin politique des bêtes. L’embrigadement des animaux dans des constructions sociales de la nature concurrentes », communication au colloque international : Les mondes ruraux à l’épreuve des sciences sociales, ENESAD/CESAER-Université de Bourgogne, Dijon, 17-19 mai 2006.

Communications dans des colloques nationaux

→ « Le braconnage des animaux protégés, un acte politique ? Réflexions sur un effet pervers des politiques publiques environnementales » Colloque La Politique informelle, Université de Bretagne-Sud/GRISPO, Lorient, 15-16 décembre 2009.

→ « Mai 68 dans la Province dominicaine de France », communication au colloque : L’Eglise de France entre 1965 et 1975, Université catholique de Toulouse, Toulouse, 17 octobre 2009.

→ « Le couvent dominicain : saturation et subversion d’une technologie d’institutionnalisation de l’orthopraxie (1950-1980) », communication au colloque : Les façades institutionnelles. Constructions, logiques sociales et appropriations des orthodoxies, organisé par l’Ecole Doctorale de Science politique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, La Sorbonne, 25 septembre 2009.

→ « De mai 1968 à Mai 68 dans l’Ordre dominicain : constructions sociales de l’événement et légitimation de la reconfiguration d’une institution », communication à la Section thématique : Ruptures biographiques, bifurcations collectives et rapports au politique, Xe Congrès de l’Association française de science politique, Grenoble, 8 septembre 2009.

→ « Chasser et devenir chasseur en politique : les sauvaginiers de la Somme et l’invention de Chasse Pêche Tradition (1936-1989) », communication au colloque : Sociabilité et politique en milieu rural, CRHISCO-Université Rennes 2, Rennes, 6-8 juin 2005.

→ « Le Secours Catholique au Forum Social Européen : scrupules et stratégies d’une ONG confrontée au risque de politisation », communication au colloque : Les ONG confessionnelles, AFSR/AFSP, Paris, 2-3 février 2004.

Communications lors de journées d’études

→ « Institution de la foi et foi dans l’institution : imposition et subversion d’un régime de vérité dans la Province dominicaine de France (1954-1978) », Communication à la journée d’étude : L’idéologie en disputes. Quels concepts, quelles méthodes pour une sociologie politique des biens symboliques ?, organisée dans le cadre du programme de l’ANR « La formation syndicale. Socialisation et apprentissages militants dans les organisations syndicales de salariés en France », CERAPS, Lille, 17 juin 2009.

→ « Le Secours Catholique et l’altermondialisme : de la prudence à l’institutionnalisation », Journée d’études « Eglise et altermondialisme », GSRL/EHESS, 23 octobre 2008.

→ « Contestations et recompositions dans la Province dominicaine de France après Mai 68 », journée d’études « Autorité et dissidences » de l’Association Française d’Histoire Religieuse Contemporaine, La Sorbonne, 27 septembre 2008.

→ « Dominicains en politique : l’engagement politique comme prophétisme religieux (1954-1969) », communication à l’atelier : Porter les Evangiles au monde : les logiques religieuses d’engagement politique des catholiques au XXe siècle, au IXe congrès de l’Association Française de Science Politique, Toulouse, 5-7 septembre 2007.

→ « Les dominicains de la Province de France en politique : genèse d’une innovation religieuse (1954-1969) », communication à la journée d’étude : La foi dans l’engagement, l’engagement dans la foi : analyses d’itinéraires militants entre politique et religion, EHESS/ENS, Paris, 19 septembre 2006.

Interventions dans des séminaires

→ avec Stéphane Latté, « Christophe Traïni : émotions, mobilisations et processus de civilisation », présentation et discussion des travaux du politiste Christophe Traïni en sa présence, séminaire du GRIP, 27 mars 2010.

→ « Le Secours catholique et l’altermondialisme : un jeu sur les frontières du politique », communication dans le séminaire Politisation comparée : monde arabe et ailleurs, animé par Mounia Bennani-Chraïbi et Jean-Gabriel Contamin, EHESS (Paris), 8 juin 2009.

→ « Jean-Clément Martin et la socio-histoire de la Révolution Française », présentation et discussion des travaux de l’historien Jean-Clément Martin, en sa présence, séminaire du GRIP, 28 juin 2008.

→ avec Karine Lamarche, Hélène Richard, Emilie Biland, « Pratiques et usages des entretiens », séminaire du GRIP, 5 avril 2008.

→ « Les règles de virtuosité religieuse dominicaine et leur contestation », communication au séminaire « Genre et religion », EHESS/IESR, le 22 mai 2007.

→ « La psychanalyse socio-historique de Jacques Maître : une histoire du destin social des pulsions », présentation et discussion des travaux de l’historien et sociologue Jacques Maître, en sa présence, séminaire du GRIP, le 13 décembre 2003.

→ « La mobilisation des chasseurs de la baie de Somme », présentation des recherches de DEA au GRIP, le 18 janvier 2003.

→ « Travailler sur les chasseurs de la baie de Somme », présentation de la méthodologie de la recherche de DEA, dans le séminaire « Organisations politiques » de Michel Offerlé, DEA de Gouvernement, Université Paris I, novembre 2003.

Résumé de la thèse


Cette thèse porte sur les conditions de possibilité de la requalification de l’engagement politique à gauche en pratique religieuse légitime dans l’Ordre dominicain en France entre l’Après-guerre et la fin des années soixante-dix. La politisation est ici un programme de recherche sur la construction sociale de la politique et de la religion. C’est-à-dire sur les processus par lesquels une activité auparavant distincte de la politique, la religion, se trouve requalifiée et reconnue comme authentiquement politique. C’est pourquoi cette thèse s’inscrit dans le champ d’étude de la sociologie des institutions, elle questionne la rencontre entre de l’objectivé et des investissements. La question de la politisation d’une institution appelle aussi la question de la subversion : la requalification des déviances en conduites légitimes par un processus interne à l’institution. Politisation, institutionnalisation et subversion constituent les trois processus dont cette recherche met en lumière les interactions.

La première partie de la thèse qui porte sur la période de l’Après-guerre pose les bases d’une anthropologie de l’institution dominicaine et des rôles qu’elle propose. Les divers dispositifs qui façonnent les religieux dominicains (production de la vocation, incorporation, rites d’institutions, discipline) sont ici analysés dans le cadre d’une discussion du concept d’institution totale élaboré par Erving Goffman. L’institution dominicaine, malgré de fortes ressemblances apparentes, s’en distingue radicalement car l’appartenance y est volontaire. Devenir un religieux c’est adopter des pratiques en vue des finalités dont-elles sont l’instrument. La croyance sur laquelle repose la légitimité de l’Ordre – le fondement de l’institution –, est l’adéquation entre les formes qu’il propose et les finalités qu’il revendique. C’est l’illusio sur laquelle l’institution repose, la croyance qui rend les engagements en son sein durables. Dans l’Ordre dominicain, les pratiques sont sans cesse « examinées » pour qu’elles n’aillent jamais de soi, ce qui permet de réactiver en permanence l’explicitation des principes fondamentaux qui les justifient et de susciter leur intégration. Cette logique d’examen perpétuel, nécessaire pour rester dans la « vérité » de la pratique, produit une forme d’habitus spécifique structuré par la réflexivité. L’institution dominicaine est moins une institution de dressage que de subjectivation. Cette dimension est fondamentale pour comprendre que les religieux sont des virtuoses de la manipulation des justifications par les pratiques. Comme producteurs professionnels de la religion en pratique, ils savent comment changer leurs pratiques pour changer la religion. Ils occupent donc une position stratégique dans le champ ecclésial définit comme l’espace de concurrence pour définir les pratiques religieuses légitimes. Cette compétence est étroitement surveillée. Dans la période de l’Après-guerre, le développement d’un courant missionnaire original marqué par les méthodes de l’Action catholique spécialisée et l’ambition de reconquête de la classe ouvrière contribue à interroger la légitimité des formes promues par l’institution dominicaine pour prêcher la parole de Dieu : les prêtres-ouvriers, certains formateurs et certains théologiens estiment que les formes et les savoirs institués ne sont plus pertinents. L’institution est travaillée par la réflexivité et régulée par le rapport de forces pour définir la déviance tolérable : les religieux qui disposent du pouvoir refusent les suggestions réformatrices et imposent la norme de vie contemplative comme seule norme légitime de la vie religieuse dominicaine. La portée de ces débats n’est pas limitée à l’institution dominicaine. Cette dernière prend place dans une configuration ecclésiale complexe et intensément régulée. Les différents niveaux du champ ecclésial ne coïncident pas entre eux de manière mécanique. La hiérarchie formelle qui les organise est une ressource autant qu’une contrainte. Tout dépend des acteurs qui en jouent et de l’état du rapport de force. A la fin des années 1950, les courants réformateurs restent dominés, mais la situation ne va pas tarder à s’inverser.

La deuxième partie de la thèse porte sur le processus de dérégulation au sein de l’institution dominicaine entre 1959 et 1969. Initialement, l’institution de formation dominicaine – le couvent d’étude du Saulchoir où les religieux dominicains suivent leurs sept années de formation – a pour finalité de transformer des hommes en leur imposant un habitus spécifique qui les sépare du reste de la société et les dispose à agir et penser comme des religieux. Dans les années soixante, les frontières de la vie régulière et conventuelle s’estompent, ce qui ne sera pas sans conséquence sur les carrières religieuses. Mobilisés dans l’armée en Algérie ou pour le service militaire, intégrés à des groupes de laïcs en vacances, en coopération dans des pays du Tiers-monde, mis au contact de la culture émergente par la télévision et la presse, les frères étudiants développent des subjectivations dissidentes. À travers des expériences pratiques d’inadaptation, de malaise et de désajustement, s’objective le décalage effectif entre les pratiques promues et inculquées par l’institution et les situations où elles devraient s’appliquer ; les jeunes religieux y découvrent l’altérité radicale qui se creuse entre leur institution et le monde. Leur réflexivité se développe dans cet interstice à combler entre rationalisations et pratiques, entre logique d’institution et logique pratique, entre habitus et situation. Le lien entre les formes instituées et les finalités proclamées par l’institution leur apparaît arbitraire. Cette crise de la docilité s’inscrit dans un contexte plus général de remise en cause des formes et des savoirs institués suscitée par le concile Vatican II. La revendication de retour à une fidélité plus authentique au projet fondateur de saint Dominique est alors la forme qu’emprunte leur contestation pour rationaliser et légitimer leurs ajustements réformateurs. Dans l’Ordre dominicain, c’est bien par ces expériences de contradictions pénibles entre les désirs et la force de l’institué que l’illusio sur laquelle l’institution dominicaine repose va perdre sa force de structuration des conduites et des pensées. Ce désenchantement affecte aussi bien les frères étudiants confrontés à l’inattendu que leurs Supérieurs qui doivent faire face à des requêtes inédites auréolées de l’autorité de « l’expérience ».

Dans la Province de France, c’est à travers le processus de reconfiguration lié à l’événement Mai 68 que va s’opérer la requalification des déviants en réformateurs. A ce titre, cette thèse propose la première exploration des modalités de la contestation de Mai 68 dans l’Eglise catholique reposant sur le dépouillement d’archives. Au mois de mai 1968, les frères étudiants prennent la parole pour dénoncer le caractère artificiel et suranné des formes religieuses auxquelles ils doivent se conformer. Il faut selon eux, que les dominicains renoncent aux formes héritées, pour s’insérer dans le monde, par un travail professionnel et un engagement social, culturel ou politique : c’est seulement à partir d’une position assumée dans le monde que la foi pourra susciter de nouvelles formes adéquate à son annonce. Mai 68 introduit le trouble dans l’institution dominicaine parce que le régime d’autorité qui la caractérisait n’est plus désormais l’objet d’une reconnaissance univoque. Afin de normaliser la situation créée en Mai 68, le Provincial décide d’organiser des Assises générales de la Province en juillet 1969. Cette consultation produit, en l’objectivant, une recomposition affinitaire des communautés religieuses en deux principaux courants opposés quant aux pratiques religieuses légitimes. Lors des Assises, le pluralisme des formes de la vocation dominicaine est reconnu pour éviter toute scission de l’Ordre. Les revendications les plus radicales des jeunes y sont légitimées, comme l’engagement politique, et leurs aspirations à une réinvention de la vie religieuse rendues possible.

La troisième partie porte sur la période de 1969 à 1980 caractérisée par la dérégulation des processus d’institutionnalisation. Dans les années soixante-dix, l’institution dominicaine n’aura plus de frontière unanimement reconnue, ce qui suscitera un affrontement pour la définir. Les religieux observants et attachés à la vie contemplative et conventuelle comme ceux qui se marient et vivent d’une manière totalement séculière, revendiquent également leur appartenance à l’Ordre. Les clivages qui traversent alors la Province objectivent l’ambivalence que peut avoir la foi dans une institution. Car, la contestation et la conformation sont deux modes de fidélité à l’instituant, en l’espèce Jésus. Les contestataires attestent de leur foi en ce que l’institution représente de manière déformée en rompant avec l’institué pour re-présenter l’instituant. Les jeunes religieux contestataires mobilisent les principes fondateurs que sont l’esprit de saint Dominique ou les évangiles et adoptent travail professionnel, engagements syndicaux et politiques et vie en communautés de base. Parmi la centaine de religieux qui retourne à l’état laïc entre 1967 et 1978, certains revendiquent une forme de fidélité paradoxale : la rupture est selon eux gage de fidélité à ce que l’institution dominicaine ou ecclésiale trahit. A l’opposé, les autres dominicains se conforment à l’institué qu’ils croient gage de fidélité à l’instituant. Ils mobilisent les formes instituées que sont les Constitutions ou le Maître de l’Ordre et adoptent pour stratégie de résistance une fidélité pointilleuse aux moindres observances de la vie conventuelle, une défense des prises de position vaticanes et une obstruction à l’égard de toutes les initiatives des religieux « soixante-huitards ». Ces recompositions objectivent entre autres des modes de socialisation générationnels à l’institution. Les luttes de rôles qui s’exacerbent après Mai 68 renvoient à des luttes d’habitus et à des variations de carrière. La recomposition des appartenances en fidélités revendiquées met à nu les modus operandi de la docilité dans l’institution, c’est-à-dire les conditions de la satisfaction à être de et dans l’institution.

La politisation des religieux dominicains est la conséquence de l’ensemble des déplacements des normes de l’activité religieuse légitime. Elle est le résultat d’adaptation à de nouvelles conditions sociales d’exercice des rôles religieux ; elle n’intervient que par surcroît à ceux-ci. Sa condition de possibilité est l’érosion d’un ordre légitimé, celui d’une Église hors du monde assignant à ses permanents, par des rôles, des savoirs, des discours et des pratiques codifiées, une nécessaire distinction avec la société. Le registre de l’engagement politique permet aux religieux de signifier et de mettre en pratique des ruptures avec certaines conceptions religieuses pour en imposer de nouvelles. La Province dominicaine de France est le théâtre d’une révolution symbolique : un processus de subversion des médiations qualifiées pour rendre visible l’invisible et édifier en actes l’Église. Subversion, parce que les religieux ne créent pas de nouvelles médiations, mais parce que ce sont les formes et les rôles autorisés, d’institution, qu’ils transforment en se transformant eux-mêmes. Les engagements politiques, syndicaux ou sociaux s’expliquent par cette recherche de fidélité à l’instituant évangélique dans un signifiant qui en témoigne non à la manière d’un credo mais à la manière d’une praxis qui fasse « bonne nouvelle » pour les incroyants. Les religieux sont conduits à se reconvertir pour attester de leur conversion. A l’issue de cette recherche, la politisation apparaît comme un moment de l’histoire sociale de Dieu.

Colloque Aron

30 mars 2012

Colloque Raymond Aron : la pensée des relations internationales, cinquante ans après Paix et guerre entre les nations. Quel héritage pour le XXIè siècle ?

Université Montesquieu Bordeaux IV

Organisé par le professeur Dario Battistella


Colloque Ellul

7, 8, 9 juin 2012

Comment peut-on (encore) être ellulien au XXIème siècle ?

Colloque à l’Université Montesquieu de Bordeaux, Pey-Berland


20 octobre 2011

Maîtres de conférences